Joachim Murat
Roi de Naples
Joachim Murat, connu pour son charisme flamboyant, son habileté militaire et son rôle dans l’épopée napoléonienne, fut l’un des plus célèbres maréchaux d’Empire et un des beaux-frères de Napoléon. Né dans une famille modeste, il devint prince et roi, mais son ambition et sa loyauté vacillante précipitèrent sa fin tragique.
Jeunesse et début de carrière militaire
Joachim Murat naquit le 25 mars 1767 à Labastide-Fortunière (aujourd’hui Labastide-Murat), en Quercy, dans une famille d’aubergistes. Destiné à une carrière ecclésiastique, il abandonna ses études religieuses pour s’engager dans l’armée en 1787. Il servit d’abord dans la cavalerie et profita des opportunités offertes par la Révolution française pour gravir rapidement les échelons grâce à son courage, son talent militaire et son charisme naturel.
Ascension sous Napoléon
Joachim Murat se lia à Napoléon Bonaparte pendant la campagne d’Italie (1796-1797), où il se distingua par sa bravoure et son rôle dans les batailles clés. Il gagna la confiance de Napoléon et l’accompagna en Égypte (1798-1799), participant à plusieurs batailles importantes.
- En 1799, Murat contribua au coup d’État du 18 Brumaire en sécurisant les Tuileries, ce qui permit à Napoléon de prendre le pouvoir.
- En 1800, lors de la bataille de Marengo, il joua un rôle déterminant grâce à son commandement audacieux de la cavalerie.
En 1804, Napoléon le nomma maréchal d’Empire, récompensant son rôle dans les premières campagnes napoléoniennes. La même année, il épousa Caroline Bonaparte, la sœur de Napoléon, consolidant ainsi son influence au sein de la famille impériale.
Exploits militaires
Murat s’illustra particulièrement comme chef de la cavalerie napoléonienne. Il était célèbre pour ses charges audacieuses et son rôle décisif dans plusieurs victoires majeures.
- Austerlitz (1805) : Murat commanda la cavalerie avec brio, jouant un rôle clé dans cette victoire éclatante contre les Austro-Russes.
- Iéna et Eylau (1806-1807) : Sa cavalerie fut cruciale lors des campagnes en Prusse et en Pologne.
- Campagne de Russie (1812) : Bien que la retraite de Moscou fût une catastrophe, Murat dirigea la cavalerie avec une bravoure remarquable, même dans des conditions désespérées.
Malgré son courage, Murat fut parfois critiqué pour son imprudence et son manque de sens stratégique, préférant souvent les actions spectaculaires aux manœuvres réfléchies.
Roi de Naples
En 1808, Napoléon récompensa Murat en le nommant roi de Naples, en remplacement de Joseph Bonaparte. En tant que souverain, Murat tenta de moderniser le royaume en introduisant des réformes inspirées des principes révolutionnaires, notamment dans l’administration et l’éducation. Cependant, son règne fut marqué par des tensions avec l’aristocratie locale et une gestion parfois autoritaire.
Murat, ambitieux et désireux de prouver son indépendance, chercha à renforcer sa position en jouant un rôle ambigu lors des guerres napoléoniennes. Lors de la campagne d’Allemagne (1813), son alliance vacillante avec Napoléon et son rapprochement temporaire avec les forces alliées suscitèrent des critiques.
Déclin et trahison
Après la défaite de Napoléon en 1814, Murat négocia une alliance avec les Autrichiens pour conserver son trône, mais cette stratégie échoua. Pendant les Cent-Jours (1815), Murat tenta de se rapprocher de Napoléon et déclara la guerre à l’Autriche. Cependant, il fut vaincu à la bataille de Tolentino (2-3 mai 1815), ce qui signa la fin de son règne.
Murat s’enfuit en Corse, puis tenta de reconquérir Naples en octobre 1815 avec une poignée de fidèles. Cette tentative téméraire échoua, et il fut capturé par les forces locales.
Exécution et héritage
Le 13 octobre 1815, Joachim Murat fut exécuté par un peloton d’exécution à Pizzo, en Calabre. Face à la mort, il garda son panache, déclarant : “Soldats, visez droit au cœur, mais épargnez mon visage.”
Joachim Murat reste une figure fascinante et controversée de l’épopée napoléonienne. Admiré pour son courage et son charisme, il fut également critiqué pour son ambition excessive et ses décisions parfois impulsives. Son style flamboyant, ses uniformes extravagants et son panache légendaire ont fait de lui l’une des figures les plus mémorables de l’Empire. Aujourd’hui, son nom est inscrit sous l’Arc de Triomphe à Paris, un hommage à sa contribution aux grandes victoires napoléoniennes.