Invalides
Je souhaite reposer au bord de la Seine
au milieu de ce peuple français que j’ai tant aimé.
Sainte-Hélène le 5 mai 1821, l’Empereur s’éteint, et contre sa dernière volonté, y est enterré. A cette infamie, ses bourreaux anglais en ajoutent une autre : aucun nom n’est gravé sur sa tombe…
19 ans plus tard, les cendres de l’Empereur arrivent sur les bords de la Seine… Le Retour des Cendres de Napoléon à Paris, en décembre 1840, est un événement chargé d’émotion et de symbolisme national. Orchestré par le roi Louis-Philippe, cet acte visait à renforcer la légitimité de la monarchie de Juillet en s’associant à la mémoire de l’Empereur, figure admirée par une grande partie des Français.
Le voyage débuta à Sainte-Hélène, où Napoléon avait été exilé et où il était mort en 1821. Le prince de Joinville, fils de Louis-Philippe, dirigea une expédition à bord de la frégate La Belle Poule pour récupérer les restes. Après une cérémonie émouvante sur l’île, le cercueil fut transporté avec une grande solennité. À son arrivée en France, il fut déposé au Havre puis acheminé par la Seine jusqu’à Paris. Tout au long du parcours, des foules en liesse se rassemblèrent pour rendre hommage à l’Empereur.
Le 15 décembre 1840, la capitale fut le théâtre d’un cortège grandiose. Le cercueil, drapé dans un manteau impérial violet brodé d’or, reposait sur un char funéraire monumental conçu par Louis Visconti, orné de statues et de symboles impériaux. Le cortège traversa les Champs-Élysées, passa sous l’Arc de Triomphe, puis longea la Seine avant de rejoindre les Invalides. Des soldats, des vétérans des campagnes napoléoniennes et des dignitaires entouraient le char, accompagnés d’une foule immense.
Aux Invalides, une cérémonie solennelle eut lieu dans l’église du Dôme, où le cercueil fut déposé temporairement avant son installation dans le tombeau définitif conçu par Visconti. Le prince de Joinville remit officiellement les cendres à la France, et le roi Louis-Philippe prononça des mots exaltant l’unité nationale et la mémoire de Napoléon. L’émotion collective était immense, marquée par des chants, des discours et des larmes.
Ce retour fut un moment de réconciliation pour les Français, symbolisant la grandeur passée et unissant différents courants politiques autour de la figure mythique de Napoléon. Le transfert de ses cendres aux Invalides consacra son statut de héros national, et son tombeau demeure à ce jour un lieu de pèlerinage et de mémoire.