Le Premier Empire (1804-1814)

1. Napoléon Ier

Napoléon Ier est un des plus grands hommes que le monde ait connus. C’est une histoire merveilleuse que la sienne. Dix ans auparavant, il était inconnu de tous. Le voilà en 1804, empereur de Français, comme Charlemagne en l’an 800, il y a mille ans!

2. Le sacre de Napoléon (2 décembre 1804)

Comme le fut jadis Charlemagne, Napoléon voulut se faire sacrer empereur par le Pape. Cette magnifique cérémonie eut lieu à Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804. Le Saint-Père était venu tout exprès de Rome pour couronner le nouvel empereur.

L’église était splendidement décorée. Elle était pleine d’une foule de généraux et de grands personnages en somptueux costumes. Napoléon portait un long manteau de velours brodé d’abeilles d’or.

Sacre de Napoléon (1804)
Sacre de Napoléon (1804)

La femme de Napoléon, Joséphine de Beauharnais, fut couronnée impératrice en même temps que son mari.

Sacre de Napoléon (1804)
Sacre de Napoléon (1804)

3. La cour de Napoléon

Comme le grand roi Louis XIV, Napoléon réunit autour de lui, au palais des Tuileries, une cour très brillante. Il nomma ses frères et ses parents princes français. Plus tard, après ses victoires, il leur donna des trônes en Europe. Il créa une nouvelle noblesse, la noblesse impériale, comprenant des ducs, des comtes, des barons.

4. Gloire et prospérité de la France sous l’Empire

Napoléon fit de grandes choses pour la gloire et la prospérité de la France. Par ses étonnantes victoires, il la rendit, en Europe, plus puissante qu’elle ne fut jamais

A l’intérieur, il l’enrichit et l’embellit. Il développa le commerce et l’industrie. Il fit élever de beaux monuments, comme l’Arc de Triomphe de l’Etoile, en l’honneur de sa glorieuse armée, comme la colonne Vendôme, faite avec des canons pris à l’ennemi et surmontée de la statue de l’Empereur.

5. Les guerres victorieuses de Napoléon

a) Causes – Malheureusement, Napoléon dut faire trop de guerres, par ambition sans doute, mais aussi au commencement, parce que tous les pays étaient inquiets de la grandeur de la France. Dès qu’il fut devenu empereur, les grandes puissances, l’Angleterre, l’Autriche, la Prusse, la Russie, formèrent sans cesse contre lui des coalitions. Il les battit l’une après l’autre, sauf l’Angleterre.

b) Le camp de Boulogne (1804-1805) – Les Anglais n’avaient pas tardé à rompre la paix d’Amiens (1804). Napoléon résolut de les soumettre en allant les attaquer dans leur île. Il réunit au camp de Boulogne une grande armée de 100 000 hommes et prépara 2000 bateaux pour leur faire traverser la mer. Mais cette expédition ne put avoir lieu, parce que les Anglais réussirent à former contre nous une coalition comprenant l’Autriche et la Russie.

c) Napoléon bat les Autrichiens et les Russes à Austerlitz (1805) – Napoléon courut alors en Allemagne avec sa grande armée. Il cerna la première armée autrichienne à Ulm et la fit prisonnière. Puis, il entra à Vienne, et remporta une magnifique victoire sur les Autrichiens, réunis aux Russes, à Austerlitz (2 décembre 1805). L’Autriche signa la paix.

Napoléon et ses soldats à la veille d'Austerlitz (1805)
Napoléon et ses soldats à la veille d’Austerlitz (1805)

d) Napoléon bat les Prussiens à Iéna (1806) – Le roi de Prusse nous déclara la guerre à son tour. Les Prussiens subirent à Iéna une grande défaite. Napoléon occupa tout le royaume de Prusse et entra triomphalement à Berlin.

e) Napoléon bat les Russes à Friedland (1807) – Puis Napoléon alla chercher les Russes, alliés des Prussiens, au fond de l’Allemagne et les battit à Friedland. L’empereur de Russie signa la paix à Tilsitt et fit alliance avec Napoléon.

Ainsi, en trois ans, Napoléon n’avait remporté, sur le continent, que des victoires. Il paraissait bien le maître de l’Europe.

f) Défaite navale de Trafalgar (1805) – Malheureusement, pendant ce temps, l’amiral anglais Nelson avait détruit notre flotte à Trafalgar, sur la côte d’Espagne. Sur mer, l’Angleterre restait la plus forte.

6. Les Fautes de Napoléon

Après la paix de Tilsitt, l’ambition de Napoléon ne connut plus de bornes. Ce fut alors qu’il commit ses principales fautes : le blocus continental, la guerre d’Espagne et la rupture avec le pape.

7. Le blocus continental

a) Cause – Depuis que notre flotte avait été détruite à Trafalgar, Napoléon ne pouvait plus venir à bout de l’Angleterre par les armes. Il résolut alors de ruiner son commerce maritime. En effet, en ce temps-là, les Anglais, grâce à leur flotte immense, faisaient presque tout le commerce sur mer. C’est d’eux, par exemple, que les autres pays recevaient le sucre et le café venus de l’Inde et de l’Amérique. L’industrie anglaise était aussi la plus prospère du monde, et l’Angleterre vendait en quantité les produits de ses usines, principalement en fer, aux autres nations d’Europe.

b) Le décret de Berlin (1806) : le Blocus – Par le décret de Berlin, Napoléon défendit à tous les peuples de l’Europe de faire du commerce avec l’Angleterre. Pour l’Angleterre, tous les ports du continent étaient bloqués. D’où le nom de blocus continental.

c) Conséquences du blocus continental – Bloquer le continent aux Anglais était plus facile à dire qu’à faire. Les États de l’Europe furent très mécontents de ce décret de Berlin qui les privait des marchandises anglaises. Beaucoup refusèrent d’obéir à Napoléon. Celui-ci voulut les y obliger par la force, ce qui l’entraîna à des guerres continuelles.

8. La guerre d’Espagne (1808-1813)

Pour faire appliquer le blocus, Napoléon chassa plusieurs rois de leur pays et mit à leur place ses frères ou ses parents. Mais sa plus grosse faute fut la guerre d’Espagne. Napoléon détrôna sans motif le roi d’Espagne, qu’il remplaça par son frère Joseph Bonaparte. Le peuple espagnol se révolta contre cette injustice. Il fit aux Français une guerre acharnée qui dura jusqu’à la fin de l’Empire (1814) et coûta à la France beaucoup de soldats. Les Espagnols soutenus par l’anglais Wellington, parvinrent à chasser les Français de chez eux.

9. La rupture de Napoléon avec le Pape (1808-1809)

Le pape refusa de fermer ses ports aux Anglais pour ne pas ruiner ses sujets. Napoléon, furieux, le fit enlever de Rome, l’emmena prisonnier en France et lui pris ses États. Cette mesure sacrilège mécontenta les catholiques et affaiblit l’autorité de l’empereur. Le pape se vengera noblement plus tard en consolant Napoléon dans ses malheurs et en accueillant sa famille à Rome.

10. Nouvelle guerre avec l’Autriche. Victoire de Wagram (1809)

L’Autriche profita de ce que Napoléon était occupé à soumettre les Espagnols pour tenter de prendre sa revanche. Mais l’Empereur accourut en toute hâte et remporta une éclatante victoire sur les Autrichiens à Wagram, près de Vienne (1809).

11. Napoléon tout puissant (1810)

Après Wagram, en 1810, Napoléon commandait à la moitié de l’Europe. Jamais il n’y avait eu d’empereur si puissant.

L’empire français comprenait alors la France, la Belgique, la Hollande, une partie de l’Allemagne, et de l’Italie. Il formait 130 départements. De plus, Napoléon avait mis ses frères et ses parents sur la plupart des trônes d’Europe (exemple: son frère Joseph, roi d’Espagne, son frère Jérome, roi de Westphalie; son beau-frère Murat, roi de Naples, etc.).

C’est aussi en cette année 1810 qu’il eut le grand tort de divorcer d’avec sa femme Joséphine. Il épousa la fille de l’Empereur d’Autriche. Il eut, en 1811, un fils qu’on appela le roi de Rome.

Grand Empire (1810)
Grand Empire (1810)

12. Le despotisme de Napoléon

Malheureusement, Napoléon devenait de plus en plus un despote, c’est à dire un maître tyrannique, et ne laissait plus aucune liberté à ses sujets. Il mettait en prison ceux qui lui déplaisaient, sans leur donner de raisons, absolument comme autrefois les rois absolus avec les lettres de cachet. Son ambition augmentait toujours. Et voilà que les plus grands malheurs allaient tomber sur lui et sur la France.

13. Les malheurs : la campagne de Russie (1812)

Le tzar de Russie se brouilla à son tour avec son allié Napoléon, à cause du blocus. Aussitôt, Napoléon réunit une armée de 500 000 hommes et partit pour la lointaine Russie. Il battit les Russes à la Moscova, et parvint jusqu’à Moscou. Mais les Russes brûlèrent la ville, et l’empereur des Français dut se retirer. Ce fut le désastre. Quand il revint, il ne restait plus de la Grande Armée que cinq ou six mille hommes!

La retraite de Russie (1812)
La retraite de Russie (1812)

14. Napoléon essaye de résister en Allemagne : défaite de Leipzig (1813)

Dès que l’Europe connut le désastre de Russie, les pays que Napoléon avait soumis, l’Autriche, la Prusse, se tournèrent contre lui.

Napoléon refit vite une nouvelle armée composée de jeunes soldats. Mais il succomba sous le nombre à Leipzig (1813) et fut chassé d’Allemagne.

15. La France envahie (1814). Napoléon détrôné. Louis XVIII roi

La France fut alors envahie. Napoléon lutta jusqu’au bout avec une admirable énergie. Au début, il remporta même de brillantes victoires. Mais les ennemis étaient trop nombreux. Ils réussirent à prendre Paris. Napoléon, vaincu, abdiqua à Fontainebleau. Il quitta la France et se retira à l’île d’Elbe, près de la côte Ouest de l’Italie.

Un frère de Louis XVI revint d’exil et remonta sur le trône de France. Il s’appelait Louis XVIII. On nomme son gouvernement la première Restauration.

16. Les Cent Jours. Waterloo (1815)

a) Retour de l’île d’Elbe – Napoléon ne resta pas longtemps à l’île d’Elbe. Il savait que Louis XVIII commettait des fautes et que les Français regrettaient déjà leur empereur.

Il quitta île d’Elbe, débarqua en Provence, traversa la France, acclamé par ses soldats, et arriva à Paris. Louis XVIII n’eut que le temps de se réfugier en Belgique.

b) Napoléon règne encore pendant cent jours – Napoléon reprit le pouvoir. Mais l’Europe s’unit de nouveau contre lui. Ce fut la fin. L’empereur fut complètement battu à Waterloo, en Belgique, par les Anglais de Wellington et les Prussiens (1815).

Napoléon à Waterloo (1815)
Napoléon à Waterloo (1815)

17. La deuxième abdication de Napoléon. Le retour du roi Louis XVIII

Napoléon, découragé, abdiqua pour la seconde fois et demanda asile aux Anglais.

Les Anglais ne rougirent pas de l’envoyer prisonnier dans l’île de Sainte-Hélène, au milieu de l’océan, à 2 000km des côtes d’Afrique.

Louis XVIII remonta sur le trône de France; ce fut la deuxième Restauration. La France dut signer le traité de Paris (1815), qui ramena ses frontières aux limites de 1789.

18. La fin de Napoléon (1821)

Napoléon vécut encore six ans sous le climat malsain de Sainte-Hélène. Il fut tracassé par un geôlier indigne. Il supporta toutes ces vexations avec une admirable résignation et mourut chrétiennement le 5 mai 1821. Selon son désir, son corps fut ramené en France, mais seulement vingt ans après sa mort. Depuis ce temps, il repose à Paris, sous le dôme des Invalides.

Napoléon à Sainte Hélène (1815-1821)
Napoléon à Sainte Hélène (1815-1821)

Napoléon a fait beaucoup de bien et beaucoup de mal à la France. Il l’a rendue longtemps heureuse et prospère; il l’a couverte de gloire. Mais, par ses fautes et sa trop grande ambition, il l’a finalement laissée plus petite qu’il ne l’avait trouvée.

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