Proclamation à l'Armée du 27 mars 1796
«Soldats, vous êtes nus, mal nourris; le Gouvernement
vous doit beaucoup, il ne peut rien vous donner. Votre patience, le courage que
vous montrez au milieu de ces roches sont admirables; mais il ne vous procure
aucune gloire, aucun éclat ne rejaillit sur vous. Je veux vous conduire dans les
plus fertiles plaines du monde. De riches provinces, de grandes villes seront
en votre pouvoir; vous y trouverez honneur, gloire et richesses. Soldats d'Italie
manqueriez-vous de courage ou de constance?»
Proclamation à l'Armée du 26 avril 1796
«Soldats, vous avez en quinze jours remporté la victoire,
pris 21 drapeaux, 55 pièces de canon, plusieurs places fortes, conquis la partie
la plus riche du Piémont; vous avez fait 15000 prisonniers, tué ou blessé près
de 10000 hommes.
Vous vous étiez jusqu'ici battus pour des rochers stériles. Dénués de tout vous
avez supplée à tout. Vous avez gagné des batailles sans canons, passé des rivières
sans pont, fait des marches forcées sans souliers, bivouaqué sans eau-de-vie et
souvent sans pain. Les phalanges républicaines, les soldats de la liberté étaient
seuls capables de souffrir ce que vous avez souffert.
Mais soldats, vous n'avez rien fait, puisqu'il vous reste encore à faire. Ni Turin,
ni Milan ne sont à vous. La patrie a droit d'attendre de vous de grandes choses: justifierez vous son attente ? Vous avez encore des combats à livrer, des villes
à prendre, des rivières à passer. Tous brûlent de porter au loin la gloire du
peuple français; tous veulent dicter une paix glorieuse, tous veulent, en rentrant
dans leurs villages, pouvoir dire avec fierté: «J'étais de l'armée conquérante
d'Italie!».
Amis, je vous la promets, cette conquête; mais il est une condition qu'il faut
que vous juriez de remplir, c'est de respecter les peuples que vous délivrerez,
c'est de réprimer les pillages horribles. Les pillards seront impitoyablement
fusillés.
Peuple d'Italie, l'armée française vient rompre vos chaînes; venez en confiance
au devant d'elle.»
Proclamation à l'Armée du 22 juin 1798 en mer
«Soldats ! Vous allez entreprendre une conquête dont
les effets sur la civilisation et le commerce du monde sont incalculables. Vous
porterez à l'Angleterre le coup le plus sûr et le plus sensible, en attendant
que vous puissiez lui donner le coup de mort. Les beys mameluks, qui favorisent
exclusivement le commerce anglais, qui ont couvert d'avanies nos négociants et
tyrannisent les malheureux habitants du Nil, quelques jours après notre arrivée
n'existeront plus.
Les peuples avec lesquels nous allons vivre sont mahométans; leur premier article
de foi est celui ci: «Il n'y a pas d'autre de Dieu que Dieu et Mahomet est son
prophète.»
Ne les contredisez pas; agissez avec eux comme nous avons agi avec les Juifs,
avec les Italiens; ayez des égards pour leurs muftis et leurs imams, comme vous
en avez eu pour les rabbins et les évêques. Les légions romaines protégeaient
toutes les religions. Vous trouverez ici des usages différents de ceux de l'Europe:
il faut vous y habituer.
La 1ère ville que nous allons rencontrer a été bâtie par Alexandre. Nous trouverons
à chaque pas des souvenirs dignes d'exciter l'émulation des Français.»
Proclamation à l'Armée du 18 brumaire an VIII - 9 novembre 1799
«Soldats, le décret extraordinaire du Conseil des Anciens
m'a remis le commandement de la ville et l'armée. La République est mal gouvernée
depuis deux ans. Vous avez espéré que mon retour mettrait un terme à tant de maux,
vous l'avez célébré avec une union qui m'impose des obligations que je remplis,
vous remplirez les vôtres, et vous seconderez votre général avec l'énergie, la
fermeté et la confiance que j'ai toujours eues en vous.
La liberté, la victoire et la paix replaceront la République Française au rang
qu'elle occupait en Europe, et que l'ineptie ou la trahison a pu seule lui faire
perdre. Vive la République!»
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